Dans un entretien accordé ce lundi , 10 août 2026, L’Expert en Transformation Digitale, Project & Program Manager, Ibrahima Mouctar DIALLO est revenu sur son engagement pour le numérique guinéen, l’évolution du secteur et ses obstacles du quotidien. La question à savoir ce qui l’a poussé à se lancer dans le numérique en Guinée.

« Mon intérêt pour le numérique est né bien avant mon retour en Guinée en 2020. Au cours de mes études en informatique à Labé, puis à Conakry et à l’Université Pierre et Marie Cuire à Paris, ainsi qu’à travers mes expériences professionnelles à l’international, j’ai très tôt compris que la technologie constitue un formidable levier pour améliorer concrètement la vie des populations », a ajouté : « En Guinée, j’ai rapidement perçu le potentiel du numérique pour transformer l’administration, l’économie et les services aux citoyens. C’est cette conviction qui m’a conduit à créer Diaphanum Tech Consulting ( DTC) et à m’investir dans les projets structurants, notamment dans les domaines de l’identité numérique, des plateformes gouvernementales et de l’intégration numérique régionale », explique-t-il.
Sur l’évolution du secteur numérique guinéen depuis son retour en Guinée, il constate :
« Le secteur a connu une évolution réelle. Il y a quelques années, le numérique était principalement perçu comme un domaine lié aux télécommunications ou à l’informatique. Aujourd’hui, il est devenu une composante essentielle des politiques, de l’entrepreneuriat et des services. On observe davantage d’investissements dans les infrastructures ( le câble sous-marin ACE, le backbone national, la couverture mobile, etc.), une meilleure prise de conscience des enjeux de la transformation digitale et l’émergence de startups et de jeunes talents particulièrement dynamiques », reconnait-il.
Concernant les plus grands obstacles dans les projets de transformation digitale, Ibrahima Mouctar DIALLO pointe du doigt aux défis organisationnels et technologiques :
« Dans les projets de transformation numérique, les défis sont souvent davantage organisationnels que technologiques. Il faut notamment coordonner plusieurs acteurs aux priorités différentes, accompagner le changement au sein des institutions et construire une vision commune autour des projets. À cela s’ajoutent des contraintes structurelles importantes, notamment la disponibilité et la fiabilité de l’énergie électrique-selon les données de la Banque Mondiale, environ 48% de la population avait accès à l’électricité en 2022-ainsi que la qualité et le coût de la connectivité internet. S’y ajoutent les contraintes liées au financement , aux délais, au renforcement des capacités et, dans certains cas, à l’absence de standards et de cadres de gouvernance suffisamment harmonisés. », relate-t-il.
Pour terminer, Ibrahima Mouctar DIALLO, affirme que la Guinée a des talents ; il faut maintenant leur donner les infrastructures et l’environnement nécessaires pour innover et créer de la valeur.
Aly Pires CAMARA pour Média Guinée Tech.com
