Backbone de 4000 km, lois sur la cybersécurité, la Guinée a posé les bases de son numérique. Pour l’expert Amara DIABY, le pays n’a plus besoin de nouveaux projets isolés. Il l’a fait savoir dans un entretien à MéditatchGuinée.com, ce dimanche, 30 août 2026. Selon-lui, la priorité est de connecter les briques existantes, d’investir dans la maintenance et de former des ingénieurs guinéens sur les métiers rares de la cybersécurité et des réseaux.

Ce Consultant en systèmes de télécommunications et réseaux informatiques constate et affirme déjà que la Guinée a déjà l’essentiel :
« La Guinée dispose déjà des quatre briques essentielles : un backbone national, une couche métropolitaine, une passerelle internationale et des capacités de data center, un cadre légal structuré et une agence dédiée avec un CERT opérationnel. », explique-t-il.
Amara DIABY affirme que ce n’est pas la fibre qui freine la bonne marche du digital en Guinée, c’est le manque de la maintenance des équipements. Pour lui, avec 4000 km de backbone SOGEB et 1200 km de fibre GFO, l’infrastructure physique est solide. Il poursuit en affirmant que le problème est en naval : « Le vrai frein n’est ni uniquement la fibre, ni uniquement les data centers. Mais bien la maintenance », explique-t-il.
Selon ce Formateur à l’École Nationale des Postes et Télécommunications (ENPT) , la SOGEB doit rembourser un prêt de la China Exim Bank sur 30 ans. Cette pression plombe les tarifs et la qualité de service, surtout hors Conakry. Sur les data centers, la capacité reste embryonnaire. Résultat : une partie des données critiques guinéennes est encore hébergée à l’étranger, avec des risques de latence et de souveraineté.
Pour cet expert , la Cybersécurité est un cadre solide mais un défi humain .Depuis 2016, la Guinée s’est dotée de lois clés : L/2016/037 sur la cybersécurité, L/2016/035 sur les transactions électroniques et la Convention de Malabo.
L’ANSSI a lancé le CERT National et un système d’accréditation de prestataires locaux . L’ARPT travaille sur son propre soc. Mais pour l’expert, la première cible reste l’humain : « le maillon le plus exploité aujourd’hui reste l’ingénierie sociale », situe-t-il.
Amara DIABY conseille au gouvernement de faire interagir ce qui existe déjà :
1.Imposer la mutualisation des infrastructures sous supervision de l’ARPT
2.Obliger l’État à passer par des prestataires accrédités ANSSI
3.Investir massivement dans la formation d’ingénieurs réseau et d’analystes cybersécurité
Quant aux jeunes, il les conseille de viser les métiers rares : « Sortez du reflexe, développeur d’applications », lance-t-il aux jeunes.
Pour lui , les trois métiers stratégiques : ingénierie réseau de télécom, cybersécurité opérationnelle, audit de sécurité SI : « Se positionner sur ces domaines aujourd’hui , c’est se donner la capacité, demain, de faire tourner l’infrastructure numérique du pays sans dépendance systématique à l’expertise étrangère », propose-t-il
Selon-lui, la souveraineté numérique n’est pas un slogan : « C’est la convergence mesurable entre infrastructure, cadre légal, capacité de réponse aux incidents et compétences humaines locales. La Guinée a posé les quatre fondations. Le travail des dix prochaines années consiste à les faire tenir ensemble », conclure Amara DIABY
Aly Pires CAMARA pour MédiatechGuinée.com

