D’après Siècle Digital, Bruxelles a lancé ce vendredi un appel à projets pour bâtir sept gigafactories dédiées à l’intelligence artificielle. Elle a une enveloppe de 30 milliards d’euros partagée entre fonds publics et investissements privés.

On a dix milliards de fonds publics et vingt milliards attendus du secteur privé. Ce sont donc dix-huit États membres qui mettent la main au portefeuille. Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée du numérique, a qualifié l’opération de nécessité stratégique, explique Siècle Digital.
L’Europe regarde les États-Unis et la Chine construire des centres de données en mesure d’entraîner les modèles d’IA les plus avancés au monde. Toutefois, elle sait qu’elle n’a rien de comparable sur son sol. Dix-neuf usines d’IA plus modestes fonctionnent déjà en Europe, mais elles ne suffisent pas.
Deux catégories de projets et deux niveaux de puissance
L’appel à projets se divise en deux lots :
- Quatre sites équipés chacun de 75 000 processeurs IA avec un financement européen qui pourrait atteindre 500 millions d’euros par projet.
- Trois sites dotés de 100 000 processeurs chacun et d’un milliard d’euros de financement.
Les candidatures doivent être envoyées avant le 12 novembre de cette année. EuroHPC, l’organisme européen dédié au calcul haute performance, s’occupera de l’évaluation. En ce qui concerne les premiers chantiers, ils sont attendus début 2027.
Les usines devront être opérationnelles dans un délai de dix-huit mois après leur sélection. Ce rythme paraît ambitieux pour des infrastructures de cette taille.
La France veut sa gigafactory et met 100 millions sur la table
Le gouvernement a officialisé dans la foulée sa candidature pour accueillir l’une des sept usines. L’engagement d’achat est de 100 millions d’euros de capacité de calcul. Cet argent servira aux services publics, aux laboratoires et aux hôpitaux qui ont besoin de puissance de calcul pour déployer l’IA dans leur quotidien.
David Amiel, ministre de l’Action et des Comptes publics, estime que derrière ces infrastructures, il y a le quotidien de nos agents. Des heures passées à saisir, à retranscrire, à chercher une information plutôt qu’à être auprès des usagers.
L’IA sera au service d’un million de fonctionnaires, voilà l’objectif affiché. Toutefois, cela demande une puissance de calcul que le supercalculateur Jean Zay et les centres GENCI ne fournissent pas encore à cette échelle.
Des puces américaines dans des usines souveraines
Bruxelles parle de souveraineté technologique. Bien sûr, la Commission a déjà conclu des lettres d’intention avec AMD, Nvidia et Qualcomm pour garantir l’approvisionnement en processeurs. Trois fabricants américains fourniront le cœur des sept usines européennes. La Commission promet qu’une partie des achats pourrait être orientée vers les start-up européennes du matériel.
À court terme, construire une gigafactory européenne sans puces américaines relève de l’impossibilité technique. Bruxelles assume la dépendance en espérant la réduire avec le temps.
La rédaction du Média Tech Guinée.com

