C’est sur sa page Facebook qu’Oumar Totya Barry, un citoyen guinéen en mission professionnelle à Boké, a partagé un témoignage révélateur. Une panne du réseau Orange Guinée, survenue dans toute la préfecture vers 19h, a plongé les habitants dans un silence numérique total : appels impossibles, messages bloqués, Internet inaccessible. Une situation qui a duré toute la nuit, provoquant de lourdes conséquences, notamment pour les professionnels dépendants du numérique.
« J’avais une réunion obligatoire en ligne à 8h le lendemain. J’ai été contraint de fuir à 5h du matin pour rejoindre Boffa, y participer, puis revenir à Boké », écrit-il. Un épisode qui l’amène à dénoncer la dépendance quasi-totale de la Guinée à un seul opérateur de télécommunication.
Au-delà du désagrément, le constat est lourd de sens : la Guinée est enfermée dans une “prison numérique”, dominée par un acteur privé qui, selon lui, a su « éteindre stratégiquement ses concurrents » pour s’imposer comme un monopole de fait.
Ce monopole ne serait pas qu’économique. Il pose des questions de souveraineté numérique, de sécurité, de contrôle de l’information et même de surveillance. Pour Oumar Totya Barry, il s’agit d’une dépendance géopolitique comparable à celle que certains pays subissent vis-à-vis de la Chine pour les ressources stratégiques.
Cette interpellation citoyenne relance le débat sur la fragilité de l’infrastructure numérique guinéenne, la nécessité d’une régulation plus équilibrée du secteur et l’urgence de diversifier les opérateurs et les technologies.
À l’heure où la Guinée mise sur le numérique pour sa transformation, peut-elle continuer à confier une part aussi stratégique de sa souveraineté à un seul acteur privé ?
La question reste posée.
Par la rédaction de MediaTechGuinee
Tel: 00224622422659
